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  • Séparation : échec ou victoire sur le fatalisme ? Et si la rupture constituait une chance …

    2014 : 123 500 divorces prononcés en France (Insee Première juin 2016) sur une demande féminine prépondérante, évolution sociétale signifiante. « En 1862, date à laquelle V. Hugo écrivait les Misérables, la notion « d’engagement pour l’éternité » correspond à une moyenne approximative de 15 ans » rappelle L. Ferry (Colloque Ethic, novembre 2016) L’espérance de vie de 35 ans alors, atteint aujourd’hui 82 ans …

    Comme l’écrivait Héraclite, philosophe du changement « on ne se baigne jamais 2 fois dans un même fleuve », personne ne reste identique à lui-même. De nouvelles attentes prennent perpétuellement forme, et avec elles des désirs nouveaux ; La vie conjugale n’a de cesse de se heurter à des exigences, confrontée à des problèmes sans cesse émergents mettant le couple en difficulté. Lentement, l’amour s’est délité, ce processus étant parfois non conscientisé par ses protagonistes. La seule perspective de partager ses jours auprès de l’autre à vie peut alors s’avérer intenable. S’impose alors l’impératif d’une séparation. Le « déphasage souterrain » (P.Delahaie), s’est opéré subrepticement…

    Dans ces conditions, partir devient un espoir, une libération. A condition toutefois de pouvoir assumer son acte :

    - financièrement (« l’économie du Couple » de J. Lafosse en 2016 met en lumière la difficulté rencontrée aujourd’hui du support des conséquences matérielles inhérentes à une délocalisation ; en atteste également le phénomène en développement constant de collocations en milieu urbain auxquelles recourent de plus en plus de parents isolés)

    - psychologiquement, en devant parfois braver – encore aujourd’hui - un ordre familial et social parfois censeur et moralisateur qui n’hésite pas à taxer arbitrairement le « déserteur » d’égoïsme et/ou d’immaturité. Ce jugement renvoyant en occident à une notion judéo-chrétienne sous-jacente d’endurance sacrificielle. C’est là, faire fi du courage dont doit s’armer celui qui décide de mettre fin à une situation devenue aride et défertilisée ou, au contraire, ponctuée de conflits récurrents.

    -Administrativement, enfin, quant à la factualisation requise de la situation.

    Pour celui qui subit - les comptes de la rupture étant dissymétriques - la séparation peut s’avérer une épreuve ravageuse. Que faire ? Accepter souffrance, tempête émotionnelle et confusion des sentiments, sachant que le temps sera un allié, une fois la courbe de deuil opérée avec ses méandres et aléas ; identifier rétrospectivement les moments émotionnellement puissants de la relation, reflets de besoins sous-jacents et de manques à combler…Un accompagnement au changement de type cognitivo-comportemental en travaillant sur ses croyances et représentations peut être libérateur. Enfin, dresser un bilan utile à sa construction personnelle pour éviter les pièges précédemment rencontrés, refuser des situations contre-productives et ne pas réitérer les erreurs passées.

    Dans la plupart des ruptures, il n’est ni bourreau ni victime : observant l’impasse de la situation, l’un décide alors de clôturer le chapitre co-écrit du livre de sa propre histoire.

    Sandrine Pham - Sur la route du Soi - Coachs Professionnels Associés